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Il était une fois… le Quénada


Un roman de Jean-Pierre Asselin de Beauville
 

Dans Il était une fois… le Quénada, l’auteur nous invite à faire une promenade calmement ethnologique, sociologique et socio-historique dans un Canada et un Québec inattendus et incongrus, qui sont ceux se reflétant, sans trop le savoir, dans l’orbite oculaire monde. On a ici un ouvrage l’un dans l’autre étonnant. Il est touchant par sa simplicité, son sens du prosaïque et cette façon tout ordinaire qu’il a de retourner les tables et de soudain faire de l’observateur extérieur un observateur intérieur, c’est-à-dire un personnage dont le regard nous saisit par sa candeur et en même temps par la profondeur intense de la radicalité douce qu’il avance et promeut. Sans concession.

Première diffusion le 03 novembre 2022
4,99 € - 6,49 $ca sur 7switch | Poids lourd | Romans
ISBN : 978-2-924550-72-4


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Présentation :

Dans Il était une fois… le Quénada, l’auteur nous invite à faire une promenade calmement ethnologique, sociologique et socio-historique dans un Canada et un Québec inattendus et incongrus, qui sont ceux se reflétant, sans trop le savoir, dans l’orbite oculaire monde. On a ici un ouvrage l’un dans l’autre étonnant. Il est touchant par sa simplicité, son sens du prosaïque et cette façon tout ordinaire qu’il a de retourner les tables et de soudain faire de l’observateur extérieur un observateur intérieur, c’est-à-dire un personnage dont le regard nous saisit par sa candeur et en même temps par la profondeur intense de la radicalité douce qu’il avance et promeut. Sans concession.

Les différents protagonistes du récit vont se lancer à l’assaut de la pâteuse inertie canadienne, en matière de promotion de la langue française. La mise en place de leur action sera stimulée par des particularités ayant lieu nulle part ailleurs que chez nos imparables voisins du Sud. Car voilà : démographie moderne oblige, le nouveau pouvoir américain souhaite désormais que la langue espagnole devienne rien de moins qu’une des langues officielles des États-Unis, avec inscription limpide de son statut dans la constitution américaine. Cela crée une dynamique sociolinguistique renouvelée qui instaure une pulsion très forte en faveur des différentes langues latines. Promptement, cela est interprété, au nord de la frontière, comme étant une opportunité pour faire la promotion de la langue française. Et, dans la joie sans mélange des utopies bien lisses… un conte fantastique va émerger.

Après une carrière de professeur d’université et de scientifique dans le domaine de la reconnaissance des formes, l’auteur s’est converti à l’écriture littéraire et a notamment publié deux romans : C.Q.F.D. ou la diagonale de l’exil (Echo-éditions, 2020) et Le rêve et l’engagement (Le Lys bleu éditions, 2021). Il était une fois… le Quenada est une fable moderne qui constitue sa troisième incursion dans le genre.
 

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Échantillon : Dori le Français arrive à Montréal.

Les premiers contacts avec cette nouvelle société l’avaient conduit à la qualifier de « société de confiance » par opposition à la communauté française qu’il désignait par « société de défiance ». En effet, alors qu’en France on ne faisait jamais confiance à un inconnu a priori, ici on n’observait rien de tel et même le contraire. Il s’en était rendu compte en plusieurs occasions. Ici, nombre de démarches administratives pouvaient se faire par voie téléphonique sans avoir à se déplacer. La recherche d’un appartement avait été une illustration de cette facilité.

Ce samedi en fin de matinée, Dori circulait à pied dans les rues voisines de son lieu de travail, l’Université Montréalaise (UM). En effet, le siège de l’IFU était situé dans un bâtiment de cette université, qui avait été une des premières à adhérer à l’Agence. Il recherchait les panneaux d’annonces de logements à louer. Alors qu’il déambulait sur une avenue, des gouttes de pluie se mirent à tomber. Il n’avait ni parapluie ni imperméable et se dit qu’il lui faudrait rapidement s’abriter. C’est à ce moment que l’affiche de location d’un quatre et demi (une chambre, un salon, une cuisine et une salle de bain) dans un immeuble de huit étages lui sauta aux yeux. Désirant s’abriter de l’averse qui commençait à tomber, il entra à l’intérieur de la bâtisse et prit contact avec le concierge de l’immeuble. Celui-ci lui demanda s’il désirait visiter le logement. Étant intéressé, Dori acquiesça. Ils se rendirent au cinquième étage et visitèrent un appartement. Cela convenait, tant par son coût de location que par sa superficie et son orientation. Dori demanda au concierge quelles étaient les démarches à suivre afin de pouvoir louer ce logement ? La réponse le laissa interloqué :

— Donnez-moi le chèque du premier mois de loyer et je vous remets les clés !

Rien d’autre ! Pas de caution, pas de versements de loyers en avance, pas de paperasse à remplir, pas d’assurance à fournir… Toutes les autres formalités, dont la signature du bail, se feraient par voie postale par la suite. Dori réalisa une nouvelle fois qu’il avait bien changé de pays… Effectivement, il signa un chèque et le concierge lui remit les clés de son nouvel appartement. Il ne lui restait plus qu’à trouver des meubles !

Dans ses activités professionnelles, il avait vite oublié les recommandations du directeur de l’Agence. Avec le personnel, il adopta de suite une attitude sympathique qui était loin des consignes de distanciation recommandées. Il faisait la bise (trois fois plutôt qu’une) à ses collègues féminines et saluait d’une poignée de main les hommes. Tout se passait plutôt bien et il ne regrettait pas de n’avoir pas suivi son chef. Les activités de ce dernier le menaient très souvent à l’étranger et, dans les faits, c’était Dori qui assumait les fonctions de responsable principal de l’Agence. Les employés étaient d’origines diversifiées. Il y avait des Français, des Québécois, mais aussi des Africains et des Asiatiques. C’était un milieu multiculturel qui lui rappelait son activité universitaire. Il avait sympathisé avec beaucoup de monde, mais une grande affinité s’était créée avec un cadre originaire de l’île de la Réunion. Jules se définissait lui-même comme créole et cette culture commune partagée entre la Réunion et la Martinique les avait rapprochés. Jules et Dori manifestaient souvent d’ailleurs leur proximité en s’exprimant en langue créole. L’idiome n’était pas identique, mais ils se comprenaient et ne manquaient jamais de s’extasier sur le fait que cette langue ait pu se développer de façon semblable dans les deux îles alors qu’elles sont si éloignées géographiquement l’une de l’autre. Jules était installé au Québec depuis plusieurs années et avait même adopté la nationalité canadienne. Possédant un véhicule familial, il s’était proposé pour aider Dori à magasiner quelques meubles indispensables à son installation.
 

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Jean-Pierre Asselin de Beauville : Il était une fois… le Quénada