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L’Imagiaire des eaux et des pierres


Un recueil de pictopoèmes de LauBer
 

Dernier volet de la trilogie des Imagiaires. Le second se finissait sur de l’humain : en voici maintenant les traces.

Laurendeau : « Ce troisième imagiaire fut pour moi l’opportunité cardinale de m’adonner à un autre exercice particulièrement intéressant en poésie : faire le parolier. Plus qu’ailleurs, je me suis coulé ici dans l’univers intérieur d’Allan Erwan Berger. Je me suis insinué, comme un discret mais dense flux verbal, dans son monde de spéléologie, de géologie, d’archéologie, d’histoire locale, d’éco-tourisme international même. Quand je dis « je », c’est Berger qui parle. Quand je dis « toi » c’est à son amoureuse que je le dis. Je suis leur parolier et c’est ainsi que j’existe ici, sans complexe. J’adore faire ça. Il n’y a que Monsieur Laforêt (souvenir de mon vieux père) qui est de moi ici… et un tout petit peu le chat Alaska aussi. Pour le reste c’est Berger qui vous parle de ses marottes, bien en selle sur son dada… à tout le moins, c’est Berger tel que je l’ai imaginé à partir de ce puissant monde d’images qui a la profondeur et la densité du vrai et de l’étrange. L’exercice poétique fut donc ici aussi un bel exercice d’empathie. Le fait est que la caverne de Platon, comme celle de Berger, n’est plus vraiment la prison du savoir si on accepte sans préjugé de s’y enfoncer jusqu’au col, même indirectement… Telle fut ma tentative ici, sur images de vieilles pierres des vieux pays et souvenir sempiternel et universel des eaux. »

Première diffusion le 7 mai 2015
3,49 € - 4,59 $ca sur 7switch | Poids moyen | Poésies
ISBN : 978-2-923916-95-8


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Un échantillon :

Douceur

Une toute petite salamandre
Apparue dans la caverne
Me suscite des pensées tendres
Qui ne mentent ni ne bernent.
Douceur.
Elle est noire et elle est jaune
Et je sens une émotion
Qui vous la mesure à l’aune
D’Anthropos, comme de raison.
Douceur.

Quand on est si loin sous terre
Et qu’on croise un animal,
Il est une sœur ou un frère.
Il n’y a rien de plus normal.
Douceur.
J’ai envie de te parler
Comme à papa ou maman.
Mais aller te réveiller,
Ce serait pas très avenant.
Douceur.

Ma vie rencontre ta vie
Et… il faut que je le dise.
Toi tu pionces. T’es sans soucis.
Moi, bien, j’anthropomorphise.
Douceur.
Et ainsi, te trouve gentille,
Sans préjugé et sans peur,
Te sens comme garçon ou fille,
Salamandre des profondeurs.
Douceur.
 


 

Un autre échantillon :

Une bête, du sel, une tête

En dessous de la Rue Dareau,
Dans les catacombes de Paris,
Elle grimace, elle se moque et rit.
Elle a du vieux roc friable en guise de peau.
Elle a un trou fatal au milieu du front.
Elle est sagouine, elle est vernaculaire,
On ne sait pas ce qu’elle va encore nous faire.
C’est un monstre, une harpie, un animal, un démon,
Une bête…

Le vrai de vrai mystère, c’est celui de ses origines.
On sait pas si c’est du grand art ancien
Ou une banale esquisse de trois fois rien.
On sait pas si elle est brute, on sait pas si elle est fine.
Ce qu’elle suscite, c’est une chaude angoisse esthétique
Comme un plat cuisiné aux étranges fumets
Dont on comprendrait mal l’effet sur nos palais.
C’est quoi exactement cette mystérieuse épice ?
Du sel…

Elle nous regarde. Elle nous questionne.
Elle nous oblige à cogiter
Et on se sent comme agité(e)s
Parce que nos références habituelles déconnent.
C’est un petit mystère en une seule pièce.
C’est terrifiant, c’est anodin.
Un secret de Paris de plus, un de moins.
Un regard, une trogne, un visage, un faciès,
Une tête…

Une bête, du sel, une tête,
Dans les catacombes, poursuivent leur quête…
 

 

 

Livres publiés


LauBer : L’Imagiaire des eaux et des pierres
LauBer : Des assemblages à l’intégration
LauBer : L’Imagiaire des pimprenelles
LauBer : L’Imagiaire vergner
LauBer : Assemblages