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Ressacs poétiques


Un recueil de poèmes de Paul Laurendeau
 

Il faut sereinement se l’avouer : on revient toujours aux pulsions qui macèrent et lacèrent l’art poétique immanent de nos courbes de vies. Butés, nos ressacs poétiques vivent et meurent d’insister. Le présent recueil de Paul Laurendeau se subdivise en trois sous-recueils.

Les Poèmes dans les tiroirs de mon petit bureau retracent des poésies, éparses mais toutes heureuses, de fonds de tiroirs, des oripeaux, des jujubelles, des cris cuisants, des scories d’écritoire.

Les Miniatures bucoliques se jouent, elles, la face et le corps dans les champs et les bords de rivières buissonneux. On y rencontrera des bourdons, des papillons, des brins d’herbes et même des hydrangées arborescents, qui défendent leur cause fort honorablement. La voix contrastée des saisons canadiennes se fait alors entendre.

Finalement les ÉGlogues Instrumentales donnent à lire et à se réciter cinquante poèmes à propos de cinquante instruments de musique. L’amour pur pour le grand art non-figuratif de toujours rencontre la muse de la musique qui, pour la circonstance, s’est convertie en une narratrice omnisciente espiègle et pensive.

Première diffusion le 12 04 2019.
3,49 € - 4,59 $ca sur 7switch | Poids moyen | Poésies
ISBN : 978-2-924550-46-5


Pris au hasard dans chaque recueil…

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Un échantillon des tiroirs :

Athanase et moi

J’ai visité Athanase.
Il était tout renfrogné.
Il avait cet air un peu naze
Des grands souvenirs un peu oubliés.

Dans son pur style Art Classique
Post-Néo-Ravala-Plapla,
Il m’est apparu insondablement sympathique
Une sorte de Normale-Sup à la papa.

Il contenait un rectorat
Qui succédait à l’École
Polypatatechnique Artisticompliquée
Et au Cégep de Faribole
Du Montréal d’Autrefois.

Construit en mil-neuf-cent-trois
Par des Mistigris brossés,
J’y ai vu un patrimoine
Chamarré d’austérité.
En tout cas, c’est de la cabane.

Sur son pur ton bureaucrate,
Athanase m’a inscrit au fichier.
Il m’a fredonné sa petite chanson plate
Après m’avoir prié de m’essuyer les pieds.

Lui et moi, on s’est découverts par phases.
Et on a appris à s’entre-aimer.
Aussi allez pas trop le graffiter,
Mon vieux poteau Athanase.

 

(Pavillon Athanase-David,
rectorat de l’UQÀM,
rue Saint-Denis,
Montréal)
 
 

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Un échantillon bucolique :

T’en souviens-tu?

T’en souviens-tu
De cette si cinglante pluie froide d’autrefois
Quand elle perlait au bout de toutes nos brindilles
D’aiguilles?

On se faisait une petite infusion de camomille
Dans ton joli service bleu ciel qui cliquetait, gentil.
On s’asseyait, badins, sur le bord du châssis.
On se parlait doucement… jase, jase, converse, converse…
En regardant se déployer l’averse:
Ces belles grosses gouttes qui n’avaient pas de but.

Ces belles grosses gouttes qui ignoraient la peur,
Humeurs
De toutes pensées gorgées de nos langueurs,
Glissant fougueusement
Sur ces brins de moments,
Ce sont nos larmes, en fait, sur les beaux jours perdus.
T’en souviens-tu?
 
 

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Un échantillon instrumental :

Basson

Mon compère, le basson
Nous assène sa chanson
Tout au fond de la fosse
Je vous le jure: l’affaire est grosse
Je n’entends pas son son
Je ne perçois pas sa grâce
C’est baraqué comme une maison
C’est dodu comme les vaches grasses
Cette affaire
Misère.

Le basson, en solo
Oublie ça, c’est ballepeau
Et le basson dans l’orchestre
Subit le sort le plus funeste
C’est qu’il est inaudible
Ou bien méconnaissable
Sa flèche rate la cible
Son moteur est plein de sable
Je ne sais pas c’est qui
Telle est ma très grande affliction
Je n’entends pas le crucial cri
De mon compère, le basson.
 
 

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