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Pluies’que le quotidien


Un recueil de poèmes de Richard Monette
 

« Au départ, la poésie offerte dans ce recueil est de réflexions personnelles et d’émotions brutes sous forme de petites notes. Elles se métamorphosent ensuite en textes qui poussent, et croissent, et se ramifient jusqu’à se toucher les uns les autres. Ces poèmes sont pour moi, comme des peintures, parfois timbres, parfois tableaux, parfois murales, que l’on peut regrouper pour les exposer comme il nous semble, selon notre humeur, le thème abordé dans l’exposition ou même, peut-être, raconter une histoire. »

» Je vous propose dans ce recueil cinq années de scribouillages où les textes y sont triés par ordre alphabétique de titre. Cet ordre des choses en vaut bien un autre, et j’avoue que c’est plus par paresse que par souci d’un fil conducteur logique. Bien sûr, le résultat est quasiment du désordre, fallait s’y attendre, et c’est ce que j’ai voulu pour que ce livre semble imprévisible comme les gens, les jours et la température ; la diversité n’est jamais homogène. »

Première diffusion le 26 octobre 2021
3,49 € - 4,59 $ca sur 7switch | Poids moyen | Poésies
ISBN : 978-2-924550-63-2


Plus d’infos


 

À propos du recueil :

Paul Laurendeau :

Richard Monette est un de nos poètes ÉLPistes du cru. C’est un des bons chevaux de retour de notre déjà vénérable écurie. Il est avec nous depuis des années et, tout bon, l’éclat de son inspiration ne se relâche pas. Poète de la concrétude, Richard Monette travaille beaucoup sur les sonorités, les mots valises, les paronymies, les calembours. Il cultive aussi, avec un bonheur assez pétaradant, les collisions sémantiques aléatoires, rappelant dadaïsme et surréalisme, mais sans s’y réduire ou s’y restreindre. Le poète produit des textes courts, percussifs, dans lesquels il fait fonctionner en harmonie à la fois le joual le plus cru et le français acrolectal le plus éthéré. Le résultat est fluide, relevé, fendant, pétant, jouissif. S’il fallait que Richard Monette résume sa pensée ès belles lettres et la vision de la poéticité qu’il met en place, il ne le ferait certainement pas sur le dos d’une boîte de céréales ou dans les pages d’un livre de cuisine. Il le ferait plutôt dans son propre espace d’expression. S’il s’abandonnait, disons, à l’intérieur d’un manifeste ou d’une sorte de protocole méthodologique, ce serait certainement un développement genre le texte suivant qui se porterait en saillie. Ici, en effet, le voici qui nous détaille la procédure qu’il suit… si tant est… pour activer et animer en lui les longues ailes flacottantes de l’imaginaire du poète. Verbatim…
 

J’animais l’imaginaire en magique gymnastique de l’image comme jamais.

Des pas de grès fragiles qu’argue le papier,
gréés de mots d’encre et de plumes,
érudits aux chandelles, à fournir petit feu,
lit de ratures, où mourir est heureux.

Le poète célèbre dans sa maladie et sa disgrâce,
l’horloge tout en verres et s’y voir une libellule aux lèvres.

Je suis maintenant de préparation licite,
de grise église, et de glaise surréaliste.

L’Éternel est un virus, le Yable, une saleté de bactérie,
et le saint, une pharmacie prospère, et tu sais mon ami,
je pile l’illusion en con primé, en homme bien rat petit tsé!

(Poème “Je me drogue de libellules”)
 

Tsé, comme dans tsé veut dire… je tète un pilulier mais j’ai encore les pattes sur le manche du batte… Et, effectivement, Richard Monette, eh ben, il a mûri, depuis les vertes années de l’appel de ses muses d’ouverture. Oh, ses deux premiers recueils précédents et antérieurs des temps TANT d’avant, ils sont encore avec nous, certes. Mais on retrouve aujourd’hui un poète plus ample, plus large, plus accompli, plus investi dans l’idiome qu’il habite tant et dont il est un des nordets qui frémit. Rien ne menace la très idiosyncrasique perspective d’écriture de ce rutilant protagoniste. Il peut donc désormais se permettre de varier les instrumentations. C’est ainsi que commence à tout doucement se manifester quelque chose comme une recherche en direction… osons le mot… de formes textuelles plus classiques, plus convenues, plus patrimoniales. Et, ce nouveau dispositif d’organisations renouvelées préserve intégralement le edge, le pitch, le jolt, le coupant, le flair verbal, la tragédie frivole et l’émerveillement du Richard Monette d’origine. Il se perpétue, percole et perdure, tout en nous livrant ses explorations en direction de l’élargissement de son corpus abrupt de cadres formels.
 

Richard Monette :

De nos jours, je ne touche que rarement le crayon et c’est rarement lisible. Je parle même à l’occasion à un téléphone qui rédige pour moi. C’est lui qui titre les notes qu’elles soient dites ou écrites du bout de l’index droit. C’est une machine, elle incrémente bien, mais c’est limité pour l’imagination, par contre c’est logique, semble-t-il (?) comme les files d’attente aux urgences, le trafic deux fois par jour, ou même aller au cinéma ou au musée. Vous remarquerez, sans doute, des trous dans la numérotation mécanique ; il manque des notes. Je n’ai pas jugé pertinent d’inclure dans ce recueil tout ce que j’ai écrit ces dernières années tel que des listes : à faire, à acheter, à lire, à ne pas oublier, etc. Oui, il y a aussi eu des notes qui ne méritaient rien de mieux que d’être supprimées. « Cé ša qu’y’é ša » que j’en dis.
 

Il y a même un sonnet dans le recueil… Laurendeau quasi-prophétise :

C’est juste assez pour insidieusement nous instiller le sentiment que Richard Monette pourrait tout à fait investir et subvertir ce gabarit renaissance en nous fournissant… pan dans les flancs… un recueil futur de sonnets. Une rencontre au sommet entre Tristan Tzara et Pierre de Ronsard dans le trécarré de Pamphile Lemay. Et cette tapisserie de demain serait totalement marquée au coin du solide burin Mais Monette. Pour échantillonnage exclusif et sous réserve de plus ample démontré, respirez et lisez…
 

Marche et mouds ton blé au pas leu leu
démarcheux à suivre des ti-culs en queues
cul-terreux, cul-de jattes d’automne stérile
zombifiés du pont saut isolant les villes

Aller va travailler en larve solitaire
va faire la file en débile utile
vailles économiquement, fructifile
et t’y dépenses un char de salaires

Ta semelle droite jouie jointe à deux pédales
et ta gauche tape du pied frustrée du surplace
ta cervelle obèse pilote par méandre sans dédale

Tu rampes pour une rétribution de quatre sous
attente agressive pour y voler ta place
par pouce d’intolérance d’avancement jaloux

(Poème “Sonnet d’un trafic de petits pains leu leu”)
 

Richard Monette :

Merci à Lyne Des Ruisseaux, première lectrice et critique sincère, de même qu’à Caroline Amyot et Mélissa Proulx pour m’aider à rendre un peu plus intelligibles mes mots. Bien que je sois poète, je crois, je n’ai pas la maîtrise de la langue comme ces femmes géniales et merveilleuses qui en ont fait leur métier. Merci à elles de prendre le temps de me dévoiler de judicieux bouts de linguistique. Je terminerai en précisant que la poésie est d’abord affaire de sons, de sens donnant naissance à des images. Il n’y a pas d’orthographe dans une peinture, mais en poésie c’est très utile pour être bien lu.
Lecteur, bon voyage dans ces pages !
 

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