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Vespéral de l’être


Un recueil de poèmes de Julien Quittelier
 

Julien Quittelier est un poète belge de 27 ans. Il est l’auteur de recueils de poésie qui seront édités en 2019 tels que Sonnets du Levant lacrymal, Héliotrope aux enfers et Antécédences nocturnes. Vespéral de l’être est une ébauche poétique (2013-2018) dans les contradictions du thème et des thèmes. L’auteur travaille actuellement à un roman et à un essai sur le symbolisme belge.

De quoi parle l’œuvre de Julien Quittelier ? Eh bien elle parle de nos esprits dégorgeant l’absinthe du missel qui firent du Seigneur les reliques satanes… bien qu’ils eurent prédit leur déréliction : un halo de science et tels que des platanes nos chairs en des lambeaux saints d’irréligion. Autrement dit, la religion décline et le phénomène est tellement avancé qu’il n’est même plus intéressant (ou inspirant, ou poétique) de s’en affliger. Alors, comme souvent chez les nostalgiques du fait religieux douloureusement conscients du fond bétonné et irrémédiable des sécularisations contemporaines, le poète va faire ici flèches de tous bois conceptualisables. Les dieux et entités des différents polythéismes antiques, accompagnés par Belzébuth (pour ne signaler que lui) vont danser une tarentelle endiablée. C’est la tempête, la déroute, la fantasia paniquée, le grand tourbillon. Nous ne sommes pas ici dans du religieux (encore moins dans de l’irréligieux ou de l’anti-religieux) mais bel et bien dans du post-religieux.

Vespéral de l’être c’est le soir qui tombe sur l’étant religieux. Le crépuscule des théogonies… Et ça prend l’allure d’une cacophonie si épouvantée qu’elle en devient grandiose. Il faut bien lire ce recueil et bien ne pas le comprendre. Ce sont les choreutes horripilés des temps anciens qui nous crient depuis leur caverne idoine, bêtes fatalement blessées, leur inaptitude insondable à s’immiscer dans le chas cuisant de l’aiguille acide de toutes nos modernités impavides.

Vespéral de l’être est une œuvre monumentale qui confine au sublime. Poème après poème, nous plongeons dans un univers aux relents du passé tout en étant plongé, comme l’auteur lui-même, au cœur de l’Europe contemporaine. Celui-ci a inscrit en sous-titre « Œuvre littéraire complète ». Permettez à l’éditeur d’en douter car une telle œuvre ne saurait être complétée…

Première diffusion le 13 06 2019.
4,99 € - 6,49 $ca sur 7switch | Poids lourd | Poésies
ISBN : 978-2-924550-48-9


Deux échantillons…

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Nous fûmes Belzébuth

Nous sentions dans ses yeux la dernière sentence :
L’Ave Maris Stella sur la rose des vents
Brillait comme de l’or vers sa triste potence
Puis s’en allait pâlir les songes plus fervents,
Nous sentions dans ses yeux la dernière sentence.

Toute sa chair d’albâtre était comme la roche
Que la réalité semblait vêtir d’esprits,
Nous mutilions l’espoir quand son regard trop proche
écondait tous nos pleurs emparés de mépris,
Toute sa chair d’albâtre était comme la roche.

Nous fermions les barreaux sur l’océan de briques :
La seule liberté qu’il pouvait espérer,
L’Ave Maris Stella dans ses proses lyriques
Était toujours présente à tant la vénérer,
Nous fermions les barreaux sur l’océan de briques.

Quand nous dormions, souvent,
Les nuits buvaient nos âmes,
Le repos semblait pur sans notre cruauté,
Mais dès l’aube
Nos yeux se plongeaient dans les flammes :
Dans son humanité nous cherchions la beauté,
Quand nous dormions, souvent,
Les nuits buvaient nos âmes !
 

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Les Funèbres extatiques

Le prêtre accusateur au théâtre du monde,
Semblant d’un azur pers crisper la pureté,
Nous rancit de sa verve amusée et féconde ;
Signant une odyssée avec la pauvreté.

L’œil biblique écumant les prunelles sauvages,
Dans l’accord parallèle aux dominations,
S’approfondit, soûlé de célestes breuvages,
Semés dans la mémoire en faux des nations,

Les disciples soumis aux affres maternelles
Ne faisaient larmoyer que de vieux mamelons,
Désormais si peuplés par les eaux éternelles
Ils déchirent les cieux tels d’anxieux grêlons,

Ils se munissent d’or aux glèbes des pensées,
Exultés par l’horrible et riche joug divin,
Ils ne veulent voir poindre aux aubes insensées
La révolte affranchie aux lèvres d’un devin,

Car dans la profondeur nette et fuligineuse,
L’extase les revêt d’un éloge sacré,
Dévoilant le dessein de la croix lumineuse,
Qu’ils portent pour dresser un éveil massacré.

Nul au-delà ne peut tronquer les agonies,
Ni gagner l’univers dans ses atrocités ;
Ils s’enlisent d’abord aux blanches symphonies
Pour ensuite espérer en leurs opacités.

Funèbres au galon de toute valse astrale,
Ils voyagent parmi les ombilics des cieux,
Leur croyance est pareille à la beauté spectrale ;
On la connaît plus belle aux yeux silencieux.
 

[Retour…]

 

 

 

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Julien Quittelier : Vespéral de l’être